Et c'est un grand soulagement pour moi.

Depuis des semaines, je dirais même des mois, je suis un peu à ramasser à la petite cuillère. J'avais l'impression de toucher le fond et d'être obliger de me remettre à prendre des antidépresseurs pour ne pas définitivement sombrer.
Mes deux gros problèmes étaient le travail et le procès qui doit faire suite à mon accident de voiture.

Aujourd'hui je vide mon sac parce que je suis presque soulagée de ces deux soucis. Le seul regret que j'ai, c'est de ne peut-être pas avoir mis en mots plus tôt ces deux boulets (et je crois que pour l'un d'entre eux, c'est le terme le plus adéquat) que je traîne. Écrire est devenue pour moi une façon d'extérioriser ce qui couve en moi et de me libèrer de ces poids qui me pourrissent la vie pour pouvoir tourner la page.

Ça fait quasiment 9 ans que je travaille mais 2008-2009 fût l'année la plus dure de mon début de carrière. Jusqu'à maintenant j'ai toujours travaillé en équipe avec des gens diplômés ou non, avec des valeurs professionnelles et personnelles et un minimum de compétences. J'etais là avant tout pour les enfants et profiter des compétences de chacun pour être une quipe soudée
La rentrée en Septembre fût très dure, car suite à mon accident on a jugé que je ne pourrais plus tenir l'atelier que j'avais depuis 4 ans et on m'a recollé en internat (on m'a pas vraiment donné le choix). J'ai donc commencé à faire des recherches ailleurs mais je n'ai eu que des réponses négatives :/

Je me suis donc retrouvée dans une nouvelle équipe composé de 4 personnes( moi compris), dont 2 (E et R) que je connaissais en dehors du travail pour avoir fait des soirées avec elles autrefois.
De suite j'ai été mise dans l'ambiance de l'équipe,  E (diplômée) et R (non diplomé mais qui clame partout qu'il est "éducateur")  ne s'entendaient pas d'un point de vue professionnelle et personnelle. R avait eu une relation avec la troisième de l'équipe S, non diplômée (elle fait partie de la dizaine de filles de l'établissement qui se sont faîtes avoir) avant de se taper J que je remplace et qui était la meilleur amie de E (dur dur de suivre hein? XD moi même je m'y suis perdue).  Dès la deuxième semaine, ayant l'impression que chacun essayait de me faire rejoindre son "clan", j'ai pris une semaine de vacances!!!

Quand je suis revenue, j'ai appris qu'on avait fait courir le bruit que j'etais partie passer des entretiens (alors que j'étais avec Zhom pour me détendre). Car oui la spécialité de notre établissement c'est les rumeurs: les vicieuses et sournoises et les ragots (S étant la spécialiste en la matière, je l'ai appris à mes dépends).

Au bout d'un mois je commençais à me faire mon propres avis: E était tout ce qu'il y avait de professionnel, contrairement à ce qu'on m'avait bavé sur elle et R était très centré sur son confort de travail, sa petit personne et sans une once de professionnalisme. Mais E a reçu une autre proposition de poste est à sauter sur l'occasion (elle a eu raison). C est donc venue la remplacer (et heureusement qu'elle fût là).

Je me suis retrouvée à la tête de l'équipe vu que diplômée, mais comme d'habitude j'ai mis tout le monde sur un pied d'égalité considérant que chacun avait à apporter aux autres. Mais le fait est que R se mettait toujours en avant en jouant de son "charme" auprès notre nouvelle chef de service, en exposant ses grandes théories éducatives (basées sur un certain laxisme) à qui veut l'entendre. Comme ça commençait sérieusement à me saouler, j'ai posé tous les congés que je n'avais pas pu prendre pendant mon arrêt maladie: presque 2 mois de vacances, le pied!!!

Je suis donc revenue en Janvier et là ce fût un enchainement de conneries de la part de R puis de S (qui a longtemps bavé sur R vu qu'il l'avait cocufié avec J et dont il allait avoir une fille). Je vous détaille pas toutes les conneries mais en clair:

 

  • un manque de communication et d'information de R (et il a eu le culot de me le reprocher devant la chef, je rêve!),
  • jamais là dès que l'équipe avait un temps mort pour justement pouvoir communiquer.
  • un cahier de liaison non rempli (cette fois c'est moi qui est mis les pieds dans le plat et monsieur a fait preuve de mauvaises foi et volonté devant l'équipe et la chef, C était écoeurée et lui a fait savoir), 
  • une mise en avant qui faisait passer le groupe pour des "branquinioles",
  • son entrainement sur le terrain de foot pour son macht du samedi en tirant comme un taré sur le jeune qui est dans le but,
  • des comptes jamais faits et quand il s'y est mis on a eu un trou dans la caisse,
  • un séjour avec les jeunes où il a picolé comme un trou pendant que je dormais alors qu'il devait surveiller la nuit des jeunes (en plus lui et ses acolytes se sont fait contrôler sur la plage où ils se comportaient "comme des gamins de 15 ans" dixit R). S byzarrement s'est soudain mise à être toute mielleuse avec lui pendant ce stage, le défendant pour un rien, elle a fini par me dire que R l'avait rejointe dans sa chambre pour récupérer de sa cuite (mon oeil oui!)
  • vas y que je te coupe les cheveux d'un gamin sans en demander l'autorisation d'un gamin et en le défigurant :/ (j'ai récupéré le coup comme une chef là dessus).
  • et vas y que je me bagarre et excite les jeunes alors que le directeur nous demande des les "contrôler"

Bref, les conneries furent nombreuses et encore je ne les détaille pas toutes. Il en était venu à me faire me remettre en question comme jamais, j'en étais presque écœurée de mon travail. Heureusement C était là et me soutenait en me disant que c'était lui le problème et non moi.
J'allais donc au boulot en faisant la gueule (je le reconnais et lui s'est pas gêné pour me le balancer en pleine tête devant la chef) parce que j'avais l'impression de travailler avec le 11ème gamin du groupe. Qui plus est S était tout le temps après lui et il avait l'air aimé ça. J'avais beau faire remonter les choses sans non plus lui casser du sucre sur le dos, la chef semblait être dans sa poche. C me disait qu'un jour tout se paierait mais je n'y croyais plus

Et puis la préparation pour la prochaine rentrée est arrivée et R a demandé à changer de groupe et à entrer en formation (bah oui je sais pas comment il a décroché son concours). Il a été reçu par la direction et là....

...non seulement on lui a fait comprendre que l'établissement ne voulait pas former une personne qui n'avait pas les compétences mais en plus on l'a mis sur deux mi-temps bouche trou!!!!! Et s'il n'etait pas d'accord, il pouvait s'en aller.
Et pour S, un peu la même "punition", on l'envoie s'occuper des cas les plus lourds en internat.


Alors oui, je sais c'est méchant, mais ça m'a vachement remonter le moral, car en fait discrètement la direction a noté une bonne partie de ses conneries et lui en a fait payer le prix. Me reste plus que 1 mois et demi à travailler avec eux et mon état mental redeviendra "zen" ^^, vivement les vacances.

Comprenez qu'il y avait de quoi péter les plombs, moi qui ne voulais plus trop dialoguer avec ma chef, je suis beaucoup plus encline à lui parler maintenant ^^

 

Alors rajouter à cela  les différentes démarches, la consultation d'un avocat, le recours auprès d'une association de victime que j'ai eu un mal de chien à contacter, l'angoisse du procès qui aura lieu le 23 juin et la peur que celui qui nous a percuté s'en tire sans peine pénale.

L'annonce de Zhôm un soir me disant que son entreprise va mal et qu'il risque d'avoir une diminution de salaire, voire d'être licencier si la boîte ne relève pas la tête. La peur d'être obligé de le déménager de notre future "nid" alors que je projetais de le rejoindre et que je ramenais chaque fois tous un tas d'affaire de chez moi.
Des recherches d'emplois qui s'avèrent toutes négatives en ce qui me concerne.

Alors oui j'ai touché le fond, je n'en pouvais plus, j'avais besoin de rentrer dans ma coquille, j'en avais du mal à communiqué avec Zhôm. C'est seulement il y a deux semaines que je lui ai tout déballé et il m'a écoutée, m'a soutenue et m'a aidé.

J'ai donc mis ma pratique entre parenthèses, parce que je n'avais même plus le courage de tenir mon autel, ni de m'y agenouiller.  Je me remet doucement à la méditation depuis deux jours, et la pratique régulière reviendra d'elle même dans les suivants et ce blog perdurera ^^

Merci à toutes celles qui m'ont soutenues ne serait-ce que par la pensée, ça fait du bien dans un univers aussi pourri que celui dans lequel je suis.

 

(ça doit être bourré de fautes mais j'ai la flemme de me relire là)